IN MEMORIAM

Eric Denis s’est envolé

Un de nos meilleurs arbitres est décédé des suites de la Covid-19 le 7 avril dernier à l’âge de 52 ans. Il fut Olympien et récemment membre de la cellule internationale arbitrage de l’ARBH.

Philippe Demaret

S’il a débuté sa carrière dans le jeu au Racing et à l’Ombrage, c’est au début des années 90 qu’il se tournait vers l’arbitrage. Il fut lancé via une coupe du Monde militaire en 93 à Cologne. Il était en effet pilote à la Force Aérienne où il fut aux commandes des avions les plus performants, terminant sa carrière belge sur l’avion royal. Lancé grâce à sa clairvoyance sur le terrain, il sifflait une coupe intercontinentale en 97, une coupe du Monde en 98 et les JO de Sydney en 2000. Il abandonnait sa carrière à ce moment-là, préférant se consacrer à sa vie professionnelle.



C’est en 2012 qu’il se relançait dans l’encadrement de l’arbitrage, ayant rencontré par hasard Vincent Loos dans un avion. Loos venait de lancer une cellule au sein du comité d’Arbitrage pour promouvoir les arbitres belges à l’international. Grâce à sa connaissance du monde arbitral, il a pu pousser des Duterme et Uyttenhove qui firent une carrière appréciable à l’international. Il a fait travailler Céline Martin-Schmets pour l’amener plus haut. Il a soutenu Laurine Delforge pendant les JO de Londres. Ses conseils étaient appréciés. Il fit connaître la qualité de notre arbitrage à de nombreux observateurs étrangers. C’est lui aussi qui poussa Pierre-Philippe Van Besien à se lancer dans le coaching d’arbitre, l’amenant à être reconnu dans les fédérations internationales.

Il ne trichait pas et se battait pour les autres, en n’ayant pas peur de défendre ses opinions.

Un parler franc

Peps Van Besien fut lancé par Eric Denis et a toujours été séduit par le ton direct de son mentor. « Effectivement, il allait très vite au fond des choses. Il était direct, avait son franc-parler et disaient les choses telles qu’elles étaient. Son dynamisme était reconnu et il fut responsable de la section développement de l’arbitrage à la fédération européenne; son dynamisme était tel qu’il en claquait la porte après deux ans, estimant que les choses n’allaient pas assez vite. Il a transformé le système de progression des arbitres en y apportant une touche très personnelle. Il ne trichait pas et se battait pour les autres, en n’ayant pas peur de défendre ses opinions. »

Avec Vincent Loos et Peps Van Besien, il a formé une équipe qui a poussé les arbitres belges à être reconnus ; chaque année, une vingtaine d’entre eux sont désormais désignés pour des compétitions internationales. Ces deux dernières années, il s’était mis quelque peu en retrait pour se consacrer à l’arbitrage au Waterloo Ducks tout en s’occupant de son fils Maxime qui vient de percer en DH et de son autre fils Mathis qui est gardien en Cadets. Avec lui s’est envolé un des grands arbitres de notre hockey belge.