TEMOIGNAGES

Profession : bénévole

Sans eux, les clubs ne pourraient pas survivre. Ils et elles sont l’âme du hockey amateur, les petites mains de l’ombre qui permettent de réaliser chaque saison des miracles. Une vocation à l’ancienne, au service de leur club et de leur sport… en voie de disparition dans un monde où tout se monnaie  ? Rencontre avec deux bénévoles au long cours, Patrick Huysmans et Marie-Claude Van Neer.

Baudouin Peeters

Votre conception du bénévolat ?

Patrick Huysmans : se rendre utile pour promouvoir le hockey en Belgique et aider à la réussite d’un tournoi ou même stage de hockey pour jeunes. J’ai débuté au Dragons à l’âge de 18 ans comme coach et entraîneur d’une équipe de cadets, ceci gratuitement. Et cela fait plus de 50 ans que j’aide comme bénévole…


Marie-Claude Van Neer : en soi, le bénévolat a été très longtemps «bénévole», autrement dit gratuit.  C’était la conception du service rendu à son club. A présent, les temps ont changé et le moindre travail bénévole est défrayé.  J’ai commencé en 1968 à l’Herakles et me suis notamment occupé du bar et de la cuisine (pendant près de 50 ans !) et terminerai dans mon club de toujours, quand je ne pourrais plus rendre service, même si ces services sont à présent rémunérés.


Un souvenir marquant ?

Patrick : le bénévolat lors des différents Challenge Lionel & Renaud de 1993 à 2002 ainsi que la World League au Dragons et le Championnat d’Europe Indoor au Lotto Arena à Anvers. Des expériences humaines formidables au sein d’équipes extraordinaires ! Ainsi, à la World League en 2015 au Dragons, J’étais en charge de distribuer le Daily News, journal quotidien rédigé en trois langues par une équipe de bénévoles. Le journal était attendu tous les jours et je recevais énormément de félicitations.


Marie-Claude : des souvenirs à la pelle !Une standing ovation des joueurs de l’équipe nationale chinoise qui avaient apprécié un waterzooï servi avec du riz…j’avais été impressionnée de la quantité que j’ai du préparer ce jour là ! J’ai un excellent souvenir également de l’organisation des tournois « Avance Hercule », des Challenges Yves Hopchet et, tout bientôt, je serai au rendez vous pour les 50 ans de la toute première équipe Dames à l’Hérakles.

Que recevez-vous en retour ?

Patrick : je n’étais pas payé mais avait droit à rentrer gratuitement pour voir les rencontres et recevais un repas avec une petite chope. Mais le « pay-back » se trouve ailleurs : dans les sourires et remerciements reçu de l’équipe qui me faisait confiance et de ceux à qui je rendais service.


Marie-Claude : la présence au four et au moulin dans un club apporte évidemment énormément. Le plaisir de rendre possible la pratique de notre sport est immense. Reste aussi que de rencontrer les jeunes parents connus lorsqu’ils étaient eux-même jeunes joueurs, de voir les grands parents accompagner leurs tout petits, de voir les amis rencontrés dans d’autres clubs lors de nos après matches , de rencontrer toute cette jeune génération d’arbitres, donne de la saveur à ce bénévolat.


Inquiets de l’évolution dans le hockey ?

Patrick : Si l’on veut avoir de bonnes équipes nationales, il fallait se professionnaliser. Je ne suis, en aucun cas, inquiet de l’évolution importante que la Fédé a apporté, même si l’âme change un peu…


Marie-Claude : On ne peut pas revenir en arrière, plus personne ne fera ce que nous avons fait gratuitement.  Les jeunes ne donneront plus d’entraînement gratuitement, les joueurs étrangers ont ouvert la voie royale pour que tous soient payés.  D’un côté, c’est positif, car payés ont peut exiger bien davantage surtout en qualité, et ce, dans tous les domaines.  A l’inverse, je m’inquiète de voir les clubs devant des problèmes financiers soulevés par le défraiement des «volontaires» ou même des joueurs devenus trop gourmands.

Votre idée pour stimuler le bénévolat ?

Patrick : augmenter les contacts et autres E-mails d’informations lors des rencontres de nos Red Lions et Panthers pour recruter des bénévoles. Offrir quelques cadeaux comme des tickets d’entrée, sticks de hockey ou balles peut être un bon stimulant.


Marie-Claude : l’organisation d’évènements comme les finales (playoffs et jeunes) est un excellent exemple de ce que peut réussir un club pour que ses membres soient actifs vraiment gratuitement. L’enthousiasme et le don de soi n’ont pas de prise sur nos deux bénévoles de cœur, toujours là pour montrer la voie aux plus jeunes…