DOSSIER MEDICAL

L’importance incontestée du stretching

Les professionnels de la santé connaissent bien les méfaits du manque de mobilité musculaire et articulaire sur les hockeyeurs.

Alex Van derheyden

Ancien hockeyeur et podologue depuis bientôt 30 ans, Yves Manneback constate depuis le début de ses activités professionnelles un manque flagrant d’élasticité musculaire chez les jeunes sportifs. Avec l’aide de connaissances professionnelles et sportives, il a ainsi mis sur pied un projet à multiples facettes sur cette thématique. 3 Hautes écoles : HELB (Erasme) – de Vinci (Saint-Luc) – Arteveldehogeschool (Gand) ont ainsi mis à disposition pour quelques clubs pilotes de nombreux étudiants (Podologie – Kinésithérapie– Education physique) afin d’effectuer des recherches qui s’étaleront sur plusieurs années. 


L’objectif consistant à prouver toute l’importance d’une prise en charge régulière du stretching dès le plus jeune âge. 

Julien Rysman, ostéopathe de l’équipe nationale

Si la pratique du sport débute dès le plus jeune âge, le stretching  doit faire partie intégrante du ‘learning’ de nos petites têtes blondes. Les techniques statiques et dynamiques doivent être enseignées lors des séances d’entraînements mais surtout leurs rôles et leurs actions spécifiques : échauffement, récupération post effort, …


Durant l’échauffement, je préconise des modules « dynamiques », en intégrant progressivement les groupes musculaires des membres inférieurs, du bassin, du dos et des membres supérieurs. Mais pas à froid, il faut d’abord faire courir, bouger le sportif afin de travailler sur un muscle chaud, c-à-d aux alentours de 39°, température idéale pour obtenir le meilleur effet.


Après les entraînements ou le match, plutôt des modules « statiques » en association avec une boisson de récupération ainsi qu’un cooling down cardio très lent: trottiner ou pédaler durant une dizaine de minutes. A faire durant la première demi-heure qui suit la fin du match ou de l’entrainement.


Chez les plus jeunes, on sait que la souplesse générale décroit entre 7 et 11 ans.Je proposerais donc des exercices de souplesse générale chez  les plus petits en insistant sur les postures adéquates et les différentes méthodes.


C’est le moment idéal pour leur apprendre à bien s’étirer avec les bons gestes mais surtout leur faire comprendre que le corps doit être bien préparé à l’effort et surtout comment bien récupérer.Ensuite, dès 12 ans, il y a lieu d’introduire des exercices plus spécifiques.  A cet âge, il est important que les techniques soient parfaitement acquises et maitrisées.


Chez les jeunes de 18 ans, les exercices de stretching doivent être présents après chaque séance d’entraînement. C’est l’âge où souvent les jeunes athlètes veulent en faire trop et les risques de surentraînement sont fréquents. J’insiste encore, mais la récupération est tout aussi importante qu’une séance de musculation ou de hockey. Arriver fatigué ou complètement courbaturé au dernier entrainement risque d’engendrer blessure ou contre-performance. 


Un muscle trop raide ou pas assez élastique entraînera un risque de blessure.La récupération est une des clés de la performance.


Et quand je parle de récupération, je n’oublie pas non plus le sommeil. Un athlète DOIT dormir au moins 10h et faire des siestes quand c’est possible.


Les phases de sommeil 2, 3 permettent la réparation tissulaire et la phase 4 la récupération cognitive ! C’est essentiel d’être suffisamment reposé afin que les muscles et le cerveau puissent bien s’entraîner. 


D’ailleurs, en équipe nationale, notre protocole de récupération très précis et obligatoire a peut-être contribué à la victoire lors de la dernière coupe du monde en Inde ou les ¼, ½, et la finale se sont déroulés sur 4 jours !

On mange, on se lave les dents. On fait du sport, on s’étire.”